Evangile selon Manu

Lundi 5 février 2007

 

Critique de la raison pure

Un homme s’est levé et a proclamé que le succès de Kant n’était qu’un succès de théologien.

La Critique de la raison pure est le théâtre d’un retournement de perspective sans précédent dans l’histoire de la pensée. Il consiste très exactement en ceci : Kant pense d’abord la finitude, ensuite l’Absolu ou la divinité. La finitude, le simple fait que notre conscience soit limitée par un monde extérieur à elle, par un monde qu’elle n’a pas produit elle-même, est le fait premier, celui dont il faut partir pour aborder toutes les autres questions de la philosophie. C’est à partir de cette finitude qu’il convient de penser Dieu ou l’Absolu, et non l’inverse. Conséquence ultime de ce renversement : la prétention à connaître l’Absolu se trouve relativisée par rapport à l’affirmation initiale de la condition limitée de l’homme. La connaissance ” métaphysique ” va être dénoncée par Kant comme illusoire, parce que hors de portée de l’homme.

“Tu crois en Dieu ?
- Non, t’es fou ! En Dieu, je crois. N’oublie pas le renversement !
- Donc alors plus de morale, plus de prêtrise ?
- Houla ! Doucement… N’oublie pas : l’impératif.”

9 Responses to “Evangile selon Manu”

  1. Ritoyenne Says:

    Ah ça ..
    N’en déplaise aux amis de p8p (www.paris8philo.com), on ne passera jamais outre.
    Bonzaï :)

  2. Philosophons Says:

    “N’en déplaise aux amis de p8p, on ne passera jamais outre.”

    Kant pue ou il sent bon (c’est selon).
    “passer outre” : j’aime cette démarche de prêtre, de petit flic, d’agent de la circulation philosophique : le rêve de la censure, du vrai, de l’essence. Staline et le Christ ? Même combat !

    “Tu crois en Dieu ?
    - T’es fou où quoi c’est des conneries ! Les religions c’est contre l’individu, c’est l’aliénation !
    - Ouais, t’as raison. Bon, je retourne dans mon petit Kant.
    - QUOI ! Tu lis cela ! Ce prêtre ! Mais non ne lis pas cette merde : révolte toi ! La liberté, merde !”

  3. Ritoyenne Says:

    Tu mets justement en lumière ce que je voulais critiquer par ma petite remarque acide à l’encontre des mes camarades de p8p – remarque que je pensais à l’abris des regards sur ce blog. C’est de la Bayrouisation à l’exptrème appliquée à la selection des auteurs pour l’étude scholastique de l’histoire de la philosophie. Je serais né il y a 75 ans, j’aurais lu Kant. Je lis Kant. Si je nais dans 75 ans, je lirai Kant. Sorbonne ou non, scholastique ou non, prétendue “repression” intellectuelle ou non (cf l’article sur p8p).

    Ne t’en déplaise, on ne peut pas ne pas étudier Kant.

    Ritoyenne, l’acidité en soi.

  4. Philosophons Says:

    “Ne t’en déplaise, on ne peut pas ne pas étudier Kant.”

    Mais cela ne me “déplait” pas !
    Même si ceux qui s’appellent “kantiens” me font marrer !

  5. Ritoyenne Says:

    Sans parler des néo-kantiens !

  6. Philosophons Says:

    “Sans parler des néo-kantiens !”

    Oui, oui, tout ce bordel dans le même sac.

  7. oyseaulx Says:

    Tant qu’on s’autorise à le lire en caractères latins, on ne court pas un grand risque.

  8. Ritoyenne Says:

    Ah… la venult du printemps est annoncéelt par un oiseault de bon augure !

  9. oyseaulx Says:

    Plutôt,la venuë de l’oyseaul annonce le primtemps.


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