Souvenirs…

Samedi 3 mars 2007

 

Pétronille et ses 120 petits

Un livre de ma jeunesse avec un auteur de ma jeunesse. Formidable.

Comme je n’ai guère de temps, je vous envoie vers Les figures féminines dans l’oeuvre de Claude Ponti (que je n’ai pas encore lu) mais aussi et surtout à toute l’oeuvre de Claude Ponti.

Le philosophe bricoleur

Lundi 26 février 2007

 

Le cas Wagner / Crépuscule des idoles

L’introduction la plus rapide et la plus approfondie à ma philosophie. Je ne crois pas qu’il soit possible de donner plus de substance en un espace aussi réduit” disait Nietzsche à propos du Crépuscule des idoles. Je ne pourrais qu’être d’accord avec lui puisque c’est par cet ouvrage que j’ai débuté ma lecture de Nietzsche. Nietzsche ce n’est pas de la “volonté de puissance”, de l’ “éternel retour”, … à gogo. Il suffira de lire le Crépuscule des idoles pour s’en convaincre. Nieztsche ouvre d’autres voies philosophiques intéressantes à explorer. Le texte reste encore d’une étonnante inactualité ! A lire tellement la compréhension repose sur les affects.

Un autre moyen de guérison que je préfère encore le cas échéant, consisterait à surprendre les idoles… Il y a plus d’idoles que de réalités dans le monde : c’est là mon « mauvais œil » pour ce monde, c’est là aussi ma « mauvaise oreille »… Poser ici des questions avec le marteau et entendre peut-être comme réponse ce fameux son creux qui parle d’entrailles gonflées — quel ravissement pour quelqu’un qui, derrière les oreilles, possède d’autres oreilles encore, — pour moi, vieux psychologue et attrapeur de rats qui arrive à faire parler ce qui justement voudrait rester muet… (trad. Henri Albert)

 

Crépuscule des idoles, ou, Comment philosopher à coups de marteau

Maïmonide

Samedi 24 février 2007

 

Maïmonide

 Maïmonide (1135-1204), médecin, juriste, philosophe, est sans conteste le plus grand penseur du judaïsme médiéval, si ce n’est du judaïsme tout court.
Leo Strauss (1899-1973), surtout connu pour sa subtile et inactuelle défense des Anciens contre les Modernes, a écrit sur l’auteur du
Guide des égarés une série de textes, ici rassemblés et traduits, qui en renouvellent, voire révolutionnent l’interprétation.
Son œuvre s’avère d’une part située dans un vaste projet politique. Pour Maïmonide, le judaïsme est, comme l’islam l’était avant lui pour son maître Fârâbî, moins une “religion” qu’une Loi. Les philosophes aristotélisants du Moyen Age montrent que la perfection de celle-ci en fait la réalisation de la cité idéale rêvée par Platon, avec à sa tête, héritier du philosophe-roi, un prophète-philosophe.
Cette politique philosophique se double d’autre part d’une philosophie devenue ” politique ” : le philosophe qui vit sous une telle Loi doit écrire de telle sorte que son enseignement exotérique, perçu par la masse, consolide la cité, alors que son enseignement ésotérique communiquera à l’élite une vérité autrement inquiétante.
Leo Strauss reconstitue les procédés qui ont permis à Maïmonide d’écrire entre les lignes, et nous met ainsi entre les mains la clé de la doctrine secrète.
” (Rémi Brague)

La philosophie ? Un exercice.

Samedi 17 février 2007

 

 

Qu’est-ce que la philosophie antique?

Le best-seller de P. Hadot (et de la vulgarisation de la philosophie). Qu’est-ce que la philosophie antique ? n’est pas un exposé de doctrines du style : I] Platon, II] Aristote, … L’objet est plutôt de mettre à jour un schème commun entre les divers systèmes philosophiques antiques. Hadot montre comment par-delà les oppositions systématiques, nos beaux Anciens considéraient tous la philosophie comme exercice (spirituel). Une conception qui trouve sa plus pure expression dans le christianisme : “depuis Socrate et Platon, peut-être même depuis les présocratiques, jusqu’au début du christianisme, la philosophie procède toujours d’un choix initial pour un mode de vie, d’une vision globale de l’univers, d’une décision volontaire de vivre le monde avec d’autres, en communauté ou en école.
Derrière l’hétéroclite doctrinal apparent, ce n’est qu’en fait un simple fil commun qui vient se combiner de différentes manières. L’unité des “Sophistes” tient à leur mode de vie, celle de la philosophie antique à leur conception axiomatique de la philosophie comme askesis.

L'image de Pierre Hadot ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Pierre Hadot

 

Par-delà le bien et le mal

C’est d’abord à une radicale remise en question de la vérité que procède Nietzsche (1844-1900) dans Par-delà le bien et le mal (1886). Ce texte d’une écriture étincelante, férocement critique, met en effet au jour, comme un problème majeur jusque-là occulté, inaperçu, celui de la valeur. Il y destitue les positions philosophiques passées et présentes (autant de croyances), et stigmatise, en les analysant un à un, l’ensemble des préjugés moraux qui sous-entendent notre civilisation. L’entreprise, pourtant, n’est pas uniquement négative : elle débouche sur l’annonce dans le prolongement d’Ainsi parlait Zarathoustra, de ” nouveaux philosophes ” – ” philosophes d’un dangereux peut-être ” qui devront désormais assumer l’inflexible hypothèse de la vie comme ” volonté de puissance “.” (quatrième de couverture)

Livre dont j’ai entamé la lecture. Nietzsche le présente lui-même comme un “commentaire” de son Zarathoustra. Si tu tiens à ta vie confortable, oublie. Sinon… Lire Nietzsche, ce n’est pas une lecture comme les autres : il faut l’expérimenter et surtout accepter sa critique qui peut choquer les beaux esprits.

“J’emmerde les SDF” : voici une phrase que personne n’ose prononcer. Un début de réponse ? Peut-être en suivant Nietzsche.

 

Du temps chez Platon et Aristote

On a dit et répété que la philosophie occidentale n’était qu’une série de notes aux dialogues de Platon. C’est exagéré. Mais si l’on ajoute : et aux traités d’Aristote, cela devient presque vrai.
Sommes-nous certains, cependant, que les textes que nous ne cessons d’annoter depuis plus de vingt siècles sont assez sûrs pour supporter nos appels de note ? Ne risquent-ils pas de n’être que les notes de nos notes ?
Avant de faire quoi que ce soit de Platon et d’Aristote – des terrains à bâtir ou des repoussoirs -, il faut s’assurer de la solidité de ce que nous croyons savoir d’eux.
Or, l’étude minutieuse des textes, comme ceux qui sont groupés ici autour d’un problème central de la philosophie, le temps, montre qu’ils sont bien plus problématiques que nous ne le pensons paresseusement. Plus difficiles, mais aussi plus intéressants.
Une fois relus, ils laissent mieux voir combien la pensée grecque nous est étrangère, combien elle mérite que nous mesurions à elle notre modernité.
” (Présentation de l’éditeur)

Le sommaire :

1. Pour en finir avec « le temps, image mobile de l’éternité »
- Les témoignages de l’époque du moyen-platonisme
- Le silence et l’autre définition
- L’obscurité du texte central
- Les autres textes du « Timée » sur le temps
- Lecture de la phrase centrale
- Le sens du mot « aiôn »
- Le nombre de l’« aiôn »
- L’enjeu des interprétations

2. L’isolation du sage. Sur un aspect du mythe du Politique
- Le texte réécrit
- Le texte lu
- Cronos renversé
- Philosophie

3. Sur la formule aristotélicienne OPO
- La construction
- Préhistoire
- Le sens des mots
- Dire le temps
- L’« arithmos »

4. En quel sens peut-on parler d’une priorité de la substance quant au temps ?
- Les apories de la lecture traditionnelle
- Un nouveau découpage du texte
- Rétablissement du sens
- La priorité chronologique
- La logique interne du passage
- L’origine du contresens

Camarade !

Samedi 10 février 2007

 

Manifeste du Parti communiste

Pourquoi lire ce truc qui nous apparait être un machin tout poussiéreux, d’un autre âge. Simplement pour 2 (bonnes) raisons :
1/ Le manifeste est un bon résumé de la pensée de Marx et de Engels
2/ Comme c’est un résumé, c’est court.
Autrement dit, on a dans un petit texte, une bonne vision d’ensemble de la pensée des 2 gusses précédemment cités.
Chef-d’oeuvre précoce de Marx et Engels” comme que dit la quatrième de couverture.

Après, démerdez-vous avec ce bazar.

Je décline toute responsabilité dans les actions politiques à venir ou non ;-)

“Aristo” quoi ?

Jeudi 8 février 2007

 

La Philosophie antique

Je dois le confesser, je n’ai pas lu ce livre. CEPENDANT,  j’en connais l’auteur qui est Jean-Paul Dumont bien connu par tous ceux qui s’intéressent aux sophistes dont il a traduit les fragments il y a plusieurs années. Fort de ce succès, je puis penser que l’ouvrage doit être de qualité.

En voici la table des matières :
- Sages, physiologues et premiers philosophes
- Socrate et les sophistes
- Platon: l’Opinion, les Idées, le Bien
- Aristote : la Substance, la Science, le Bonheur
- Épicuriens, stoïciens, sceptiques

Rien, donc, de bien original. Mais ce n’est qu’une introduction dans un monde vaste et passionnant.
C’est d’elle que nous avons appris quels problèmes méritaient de retenir l’attention de l’esprit attaché à saisir, derrière l’apparence mouvante des choses, l’essence qui en constitue la vérité.” (Quatrième de couverture)
C’est à mon avis une phrase très juste : plus je lis, plus je pense, plus je me dis que les Grecs ont posé tous les problèmes de la philosophie.

Bouge !

Mercredi 7 février 2007

 

Physique

Un des livres fondateurs dans différents domaines (la physique bien entendu, la philosophie mais aussi la méta-phusis) : “le livre fondamental de la philosophie occidentale ” comme le disait Heidegger (no comment).Heidegger a raison : la nature aristotélicienne, dans son opposition à la surnature, l’art et l’histoire, est bien toujours notre nature.” proclame la quatrième de couverture. Nous n’évoquerons pas les partis pris dans cette traduction (on a beau citer Heidegger si c’est pour ne pas tenir compte de ses remarques philologiques dans le choix des termes de la traduction).

Un monument fondamental de la pensée aristotélicienne, de la pensée tout court, une oeuvre majeure de toute la philosophie. A lire donc pour comprendre pas mal de choses diverses et variées (Aristote, science, philosophie, …) A lire, à digérer (à régurgiter ?).

Sur le divan, svp…

Lundi 5 février 2007

 

Cinq leçons sur la psychanalyse

Les Cinq leçons sur la psychanalyse sont les conférences prononcées par Freud en 1909 lors de son voyage aux Etats-Unis, où la psychanalyse était encore largement ignorée. On y trouve un récit des origines de la psychanalyse, ” inventée ” par l’hystérique Anna 0., mais aussi une introduction aux problèmes centraux : l’interprétation des rêves, la sexualité infantile, le complexe d’Oedipe. Freud conclut sur la nature des névroses et le refuge dans la maladie. Dans la Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud retrace les débuts difficiles de la psychanalyse et les résistances qu’elle rencontra. Il précise sa réflexion sur quelques points litigieux, liés principalement au concept de ” libido.

Evangile selon Manu

Lundi 5 février 2007

 

Critique de la raison pure

Un homme s’est levé et a proclamé que le succès de Kant n’était qu’un succès de théologien.

La Critique de la raison pure est le théâtre d’un retournement de perspective sans précédent dans l’histoire de la pensée. Il consiste très exactement en ceci : Kant pense d’abord la finitude, ensuite l’Absolu ou la divinité. La finitude, le simple fait que notre conscience soit limitée par un monde extérieur à elle, par un monde qu’elle n’a pas produit elle-même, est le fait premier, celui dont il faut partir pour aborder toutes les autres questions de la philosophie. C’est à partir de cette finitude qu’il convient de penser Dieu ou l’Absolu, et non l’inverse. Conséquence ultime de ce renversement : la prétention à connaître l’Absolu se trouve relativisée par rapport à l’affirmation initiale de la condition limitée de l’homme. La connaissance ” métaphysique ” va être dénoncée par Kant comme illusoire, parce que hors de portée de l’homme.

“Tu crois en Dieu ?
- Non, t’es fou ! En Dieu, je crois. N’oublie pas le renversement !
- Donc alors plus de morale, plus de prêtrise ?
- Houla ! Doucement… N’oublie pas : l’impératif.”

La philosophie comme mon regard

Samedi 3 février 2007


Plotin ou la simplicité du regard

 

« Seul ce qui est personnel est éternellement irréfutable », disait Nietzsche. Cet ouvrage s’efforce de présenter non pas le système, mais l’expérience personnelle de Plotin, en donnant le plus possible la parole au maître spirituel et au directeur de conscience. Il y est évidemment question de l’union mystique, événement indicible, surgissant en des moments privilégiés, qui bouleverse toute la conscience du moi, en lui faisant éprouver un sentiment de présence inexprimable. Plotin la décrit en des pages lyriques et frémissantes qui comptent parmi les plus belles de la littérature mystique universelle. Mais il y est aussi question de la douceur sereine d’un philosophe qui, tout en vivant de la vie de l’esprit, peut être « tout à la fois présent à lui-même et aux autres », et assumer les soucis et les responsabilités de la vie quotidienne. (Présentation de l’éditeur)

Une présentation à l’image de l’ouvrage : éblouisssant.

 

L'image de Pierre Hadot ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Pierre Hadot

Lux et pax

Vendredi 2 février 2007

 

Requiem : Au coeur de l’oeuvre ultime de Mozart (1CD audio)

Oeuvre majeure de l’histoire de la musique, le Requiem est une musique qui bouleverse et transforme. Un mythe (encore…) La mort, c’est triste ? Pas si sûr…

Or cette musique reste encore mystérieuse, qu’a vraiment écrit Mozart, qui a terminé le manuscrit, … ? L’auteur, Florence Badol-Bertrand, tente de faire le point en ce qui concerne les connaissances liées à la partition. “[Q]uel est donc ce dieu terrifiant qui, bien au-delà de l’expression dramatique de circonstance, nous saisit dès le Dies Irae ?

Un coffret passionnant, accompagné d’une magnifique version du Requiem, où Florence Badol-Bertrand nous livre des thèses troublantes sur une oeuvre qui ne peut laisser de marbre que le coeur de pierre.

Nietzsche, par-delà les interprêtRes

Mercredi 31 janvier 2007

 

Nietzsche et le problème des valeurs

Ce n’est pas être fainéant mais cette présentation est à mon avis très juste et très bonne. Un livre passionnant et qui possède ce petit truc de …, de fou, de fort qui fait trembler chaque neurone un par un. Formidable !

Les falsifications idéologiques qui voient dans la puissance le seul déchaînement de la nature, des pulsions et des forces de domination, mobilisent la volonté et les instincts les plus agressifs pour les mettre au service de leur idéal de maîtrise. Vouloir la domination, telle est bien l’interprétation de la puissance que se font les impuissants. Cette interprétation a pour elle la force de l’évidence car c’est toujours la maîtrise, comme fonctionnement institué de la puissance, que nous percevons d’un œil grossier. Les lectures réactives de Nietzsche se trouvent ainsi piégées lorsqu’elles mettent en avant certaines ” valeurs nietzschéennes “. Elles ne font que révéler l’idéal de maîtrise qui anime leurs interprétations de la volonté de puissance. Elles oublient de se voir fonctionner en Nietzsche.
Inutile pour cette raison de chercher la Grande Politique de Nietzsche dans un programme ou une institution. L’institution des valeurs se fait toujours au détriment de la puissance active d’évaluation individuelle. Alors que les lectures réactives de Nietzsche réduisent l’expression de cette puissance d’évaluation à un non-lieu, les lectures actives de Nietzsche en font une force de libération. De cette force, recouverte ou occultée par les plus grands interprètes de Nietzsche, dépend l’actualité critique d’une pensée pour tous, une pensée dont personne ne peut se prévaloir d’en être le seul maître. (Présentation de l’éditeur)

“Le mythe aujourd’hui”

Mercredi 31 janvier 2007

Mythologies

Nous voguons sans cesse entre l’objet et sa démystification, impuissants à rendre sa totalité : car si nous pénétrons l’objet, nous le libérons mais nous le détruisons ; et si nous lui laissons son poids, nous le respectons, mais nous le restituons encore mystifié” Roland Barthes

Les Mythologies publiés en 1957 sont autant d’exercices qui dévoilent l’idéologie à l’œuvre. Mais l’oeuvre n’a pas vieilli : son actualité est actuelle tout en restant inactuelle à en croire ROGER Philippe. Avec lui, tentons de pointer tout ce qui, dans la réalité quotidienne, ne cesse de nous faire signe.

Mythologies